Avec : Torii Kaori, Sugata Shun, Nomura Eri, Yamada Mame
Shigeo passe la plupart de son temps à traquer les histoires extraordinaires, auprès de gens à priori très ordinaires. A vouloir ainsi dénicher les démons qui hantent les maisons des
autres, il en oublierait presque sa famille : sa femme, délaissée, a parfois un comportement étrange. Quant à sa fille, qui parle à une amie invisible, elle possède l’effroyable capacité de
voir les revenants…
Il y a parfois des bonnes surprises auxquelles on ne s’attend pas. Si la plupart du temps des films ou séries de qualité moyenne suffisent à mon plaisir (coupable), je dois avouer que
lorsque je tombe sur quelque chose qui sort de l’ordinaire ça fait quand même du bien.
Produite pour la télévision, la série CHÔ KOWAI HANASHI est composée de trois épisodes (dont voici le premier), eux-mêmes découpés en quatre chapitres. On y retrouve une famille étrange en
proie à des démons parfois effrayants (revenants, yokai et autres joyeusetés), mais aussi à des tragédies plus terre à terre (le père qui délaisse sa femme pour vivre sa passion de journaliste
amateur, la fille qui déprime…). En ouverture, nous avons aussi droit à une histoire très courte dont on ne connaitra le dénouement qu’à la toute fin de la série : un homme, encapuchonné,
s’apprête à être exécuté. Très étrangement, il parait être d’avantage préoccupé par la lumière qui vacille que par sa propre mort à venir…
La série débute alors : un homme d’âge mûr, passionné par les histoires étranges, voyage au Japon afin de recueillir les anecdotes et impressions de gens qui n’avaient jamais osé parler jusqu’à
présent. Tout y passe ou presque : des histoires d’enfance (deux amis auraient aperçu une sorte de yokai du nom d’Aokoso il y a plusieurs dizaines d’années…aujourd’hui l’un des deux amis est
frappé de folie), des contes mettant en scène des fantômes classiques ou, et c’est plus original, une femme frappée par une malédiction étrange et qui sera tentée de s’automutiler pour faire
disparaitre ces traces sanglantes qui creusent sa peau (scène choc à la clef !).
Ajoutez à cela des personnages bien écrits (le père obnubilé par ses histoires, la fille schizophrène, Sara, qui a la capacité de voir les esprits, la mère au bord de la crise de nerfs…), une
réalisation réussie (et doublée d’une photographie diablement inquiétante), et vous obtenez une série décalée plutôt originale notamment au niveau du rythme, assez lent, mais aussi au niveau
des révélations, qui ne versent jamais trop dans le style théâtral : la fin est ainsi amenée toute en subtilité.
Cette série est donc une vraie réussite. Produite pour la télévision et réalisée par un technicien de qualité, en la personne de Kamei Toru (qui est déjà à l’origine de quelques métrages
intéressants et qui a eu le bon gout de tourner auparavant avec une superstar des AV – Kurosawa Ai), CHÔ KOWAI HANASHI fait partie de ces petites expériences qui ne révolutionnent pas le cinéma
mais qui apportent indéniablement quelque chose comparé au reste de la production ambiante.
Derniers Commentaires