Avec : Kimura Yoshino, Nakagoshi Noriko, Shimada Kyusaku, Tanimura Mitsuki, Yamamoto Taro
Une terrible malédiction frapperait toutes les femmes d'une même famille. Aoi et Lisa, deux soeurs, vont faire face à leur destin de manière bien différente...mais tout aussi torturée. La
mystérieuse Orochi, qui semble ne jamais devoir vieillir, va alors faire irruption dans leur triste vie.
Réalisé par Tsuruta Norio (RINGU 0 ; dernière saison des
HONTO NI ATTA KOWAI HANASHI), OROCHI est l'adaptation
d'une légende japonaise (traitant d'un serpent à huit tête et de sacrifices féminins) et plus particulièrement de la version qu'en avait donné le célèbre Umezu Kazuo dans son manga (Orochi
Blood). Difficile dès lors d'en dire beaucoup plus au sujet de la trame du film sans pour autant gâcher la plupart de ses effets et révélations. Sachez simplement qu'une malédiction est
(semble-t-il) destinée à frapper toutes les femmes d'une même famille, qu'une mère prend un malin plaisir à faire souffrir l'une de ses deux filles et, qu'enfin, des secrets douloureux hantent
les ombres du manoir familial...
Et Orochi dans tout ça ? Et bien dans le film de Tsuruta Norio, ce personnage épouse les formes de la toute jeune actrice Tanimura Mitsuki (que j'avais déjà trouvée toute mimi dans
REAL ONIGOKKO). L'enigmatique Orochi va tout d'abord faire irruption dans le quotidien d'Aoi et Lisa, alors enfants. Elle réapparaitra
près de vingt années plus tard...sans avoir pris la moindre ride. Le film suit d'ailleurs ces deux parties distinctes : l'enfance des soeurs et le courroux que subit l'une d'elle de la part de
sa mère, en proie à des crises de plus en plus fortes à mesure que l'intéressée se rapproche de son vingt-neuvième anniversaire... La deuxième partie du film s'attarde quant à elle sur la vie
amoureuse et (surtout) torturée d'Aoi et Lisa. Vivant toujours dans le manoir familial elles pensent détenir, chacune de leur coté, une part dela vérité. Qui manipule l'autre ? Qu'est devenue
leur mère ? Pourquoi Orochi revient-elle dans cette demeure ? Pourquoi, enfin, l'une des deux soeurs est-elle devenue le portrait craché de sa mère ?
L'entretien du mystère familial et l'énigme autour de la personnalité d'Orochi auraient pu suffire à maintenir le spectateur en haleine. Mais heureusement Tsuruta Norio ne se contente pas de
cela et livre une jolie prestation technique. Il donne ainsi corps et âme à l'imposant manoir (aidé en cela par une magnifique photographie) et, s'il ne distille pas de réels moments de
frousse, parvient malgré tout à installer une ambiance très pesante.
Ames torturées, atmosphère fantastique, mutations, crises d'hystérie et doux rêves d'enfant qui se transforment en cauchemars d'adulte, oui OROCHI est définitivement l'une des bonnes surprises
de cette fin d'année 2008 au Japon.
Soeurise sur le gâteau, les trois actrices principales sont toutes magnifiques dans leurs rôles respectifs. Mention spéciale pour Kimura Yoshino,
extraordinaire en "beauté du diable", dans une double interprétation de haut vol.
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