Réalisation : Fukushima Atsuko, Kawamori Shôji, Kimura Shinji, Fukuyama Yoji, Futamura Hideki, Yuasa Masaaki, Watanabe Shinichirô
Avec les voix de : Kaneda Tomoko, Kikuchi Rinko, Lu Ningjuan, Yabe Taro, Yagira Yûya
GENIUS PARTY, réalisé par Fukushima Atsuko
Des êtres étranges font naître des lumières à la surface de la terre...et les pierres sont aussi à la fête !
SHANGHAI DRAGON, réalisé par Kawamori Shôji
A Shanghai, un garçon met la main sur un stylo magique...en effet, chaque chose qu'il dessine devient réelle ! Ce qu'ignore le petit chinois, c'est que des robots venus de l'autre bout de la
galaxie souhaitent s'emparer dudit stylo... Et pour parvenir à leurs fins ils n'hésiteront pas à raser la ville...
DEATHTIC 4, réalisé par Kimura Shinji
Un monde étrange...des êtres bizarres. Un jour, sur le chemin de l'école, un jeune garçon trouve une grenouille, tombée du ciel. Alors qu'il souhaite l'aider à rentrer chez elle, une armée de
petits bonhommes rouges en vélo va s'évertuer à lui compliquer la vie.
DOORBELL, réalisé par Fukuyama Yoji
Tandis qu'il rentre chez lui, un étudiant croise son double parfait...
LIMIT CYCLE, réalisé par Futamura Hideki
Réflexions sur l'homme et la machine dans un déluge d'expériences graphiques.
HAPPY MACHINE, réalisé par Yuasa Masaaki
Depuis que les robots censés s'occuper de lui sont tombés en panne, un bébé s'est mis en tête de parcourir le monde. Jusqu'où pourra-t-il bien aller ?
BABY BLUE, de Watanabe Shinichirô
Un étudiant donne rendez-vous à une jeune fille dont il est secrètement amoureux. Cette nuit, qui sera aussi la dernière qu'ils passeront en commun, ils la garderont toujours en mémoire...
Le projet GENIUS PARTY date de 2004. A l'époque, le Studio 4°C avait pour ambition de réunir une dizaine de court-métrages ayant le "temps" comme thème principal. Les choses ont alors
trainé en longueur, certains films sont passés à la trappe (dont celui du talentueux dessinateur français Nicolas de Crécy) et il a été décidé de diviser les projets en deux. Ainsi, une suite
intitulée GENIUS PARTY BEYOND est sortie au Japon en octobre 2008.
Au final GENIUS PARTY comporte donc sept court-métrages animés (en comptant l'introduction). Le point fort de GENIUS PARTY est également son point faible : difficile de trouver un réel
dénominateur commun aux différentes oeuvres ici proposées. Certaines sont très expérimentales, quand d'autres sont beaucoup plus classiques (action SF ou romance d'adolescence). Bien évidemment
un tel choix a le mérite de l'originalité, mais la confusion peut également être au rendez-vous...
Parmi ces courts expérimentaux, commençons donc par la grande réussite de ces films omnibus : DEATHTIC 4. Le spectateur se retrouve plongé dans un monde noir et baroque, qui n'est pas sans
rappeler Tim Burton ou encore le dessinateur français Alfred (voir ses deux albums intitulés Abraxas). Réalisé par Kimura Shinji (préalablement chara-designer sur BATMAN GOTHAM KNIGHT), ce
court est un pur concentré de bonheur et d'humour noir. Un jeune homme met ainsi la main sur une petite grenouille et souhaite la raccompagner chez elle (c'est à dire dans les nuages !). Plutôt
logique quand on sait qu'au Japon "grenouille" et "rentrer" se prononcent de la même manière, et que ladite grenouille porte souvent bonheur quand on souhaite rentrer quelque part... Dans le
court-métrage qui nous intéresse, le chemin du retour sera pourtant semé d'embuches : une armé de petits bonhommes rouges va en effet tenter de mettre la main sur le batracien...
Course-poursuite de folie assurée !
Les courts-métrages à tendance expérimentale ça peut donc parfois être très intéressant. Le problème, c'est que lorsque l'on doit en enchainer trois ou quatre, on peut commencer à trouver le
temps long... Dans GENIUS PARTY, entre l'intro qui m'a quelque peu échappé (heureusement la musique était sympa), HAPPY MACHINE qui est une sorte de parabole sur la vie d'un homme (quelques
bons coups, dont la fin, mais un peu longuet tout cela) et surtout LIMIT CYCLE qui m'a paru sans queue ni tête, et bien il est parfois difficile de suivre sans céder à la tentation du bouton
"avance rapide". Ainsi une oeuvre bourrée de qualités et de bonnes intentions comme HAPPY MACHINE deviendra tout de suite moins digeste si vous l'attaquez après tous les films précités. Et
c'est bien dommage.
Parmi les titres plus "classiques", SHANGHAI DRAGON est sans nul doute celui qui met le plus le feu aux poudres. L'histoire tout d'abord, est drôle au possible : un petit chinois trouve un
stylo qui matérialise tous les dessins (faut-il y voir un clin d'oeil amusé au "nandemo pen" de Doraemon ?). Après une intro qui ne paie pas de mine (
de crayon), des extra-terrestres
vont débarquer par centaines, des robots gigantesques vont affronter des androïdes surpuissants afin de mettre la main sur le stylo magique (en réalité un prototype). Shanghai va bien
évidemment déguster...jusqu'à la chute finale absolument géniale. Techniquement ce segment souffre de personnages parfois trop sommaires, le réalisateur Kawamori Shôji ayant paru s'attarder
plus longuement sur le design des vaisseaux et des machines plutôt que sur les traits humains (pas très étonnant quand on sait qu'il a travaillé sur quelques MACROSS). SHANGHAI DRAGON n'en
demeure pas moins l'une des meilleures surprises de GENIUS PARTY.
Parmi les autres segments à ne pas manquer, citons le dernier : BABY BLUE, signé par l'une des stars de l'animation japonaise : Watanabe Shinichirô (COWBOY BEBOP, THE ANIMATRIX). Si le film est
avant tout un régal pour les yeux (techniquement c'est proche de la perfection), l'histoire se permet aussi de surprendre très agréablement. D'une simplicité enfantine (normal me direz-vous,
pour une histoire d'amour adolescente), Watanabe Shinichirô parvient à ancrer durablement son métrage dans l'inconscient des spectateurs grâce à une superbe (et assez inatendue) scène
finale.
Je ne prends pas le temps de parler de DOORBELL, que je juge (arbitrairement) fortement dispensable. Cette variation sur le thème du doopleganger n'est pas une réussite, que ce soit sur la
forme (l'animation et le chara-design sont sans doute les moins bons de GENIUS PARTY), ou sur le fond (le récit ne décolle jamais).
En faisant abstraction des quelques court-métrages trop expérimentaux pour passionner sur la durée, GENIUS PARTY parvient donc à divertir. L'ensemble me parait malgré tout trop inégal pour
pouvoir parler d'une franche et incontestable réussite. Heureusement quelques réalisateurs tirent leur épingle du jeu (Kimura Shinji en tête -oui, d'épingle). La palme de la simplicité revenant
à Watanabe Shinichirô, qui se permet le luxe de signer l'un des plus jolis court-métrages de GENIUS PARTY en s'appuyant pourtant sur l'histoire la plus banale (sur le papier).
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